Blog 04 mai 2026 10 min de lecture

Densitométrie Osseuse et Cancer : Quel Lien ?

    Votre médecin vous a prescrit une densitométrie osseuse à cause de votre cancer ou de ses traitements ?

    Pas de panique, c’est une précaution fréquente. Cet article vous explique pourquoi et comment garder des os solides.

    Qu’est-ce que la densitométrie osseuse (DMO) ?

    La densitométrie osseuse, ou DMO, est un examen simple. C’est une sorte de radiographie qui mesure la solidité de vos os. On l’appelle aussi ostéodensitométrie. Le but est de vérifier la densité minérale osseuse (DMO), c’est-à-dire la quantité de calcium et autres minéraux dans vos os.

    L’examen donne un résultat appelé T-score. Ce chiffre compare votre densité osseuse à celle d’un adulte jeune en bonne santé. C’est une référence pour savoir où vous vous situez.

    • Un T-score supérieur à -1 est considéré comme normal.
    • Un T-score entre -1 et -2,5 indique une ostéopénie, une perte osseuse modérée.
    • Un T-score inférieur à -2,5 signifie que vous avez de l’ostéoporose, une fragilité osseuse plus importante.

    Bon à savoir : L’examen de la densité osseuse est rapide, indolore et ne demande aucune préparation. Il dure généralement entre 10 et 20 minutes.

    Le lien crucial : pourquoi le cancer et ses traitements fragilisent les os

    Le lien entre cancer et perte osseuse est bien réel. Il ne vient pas toujours du cancer lui-même, mais très souvent des traitements nécessaires pour le combattre. Le mécanisme principal concerne les hormones.

    Certaines hormones, comme les œstrogènes chez la femme, jouent un rôle clé pour maintenir les os denses et solides. Quand leur niveau baisse, les os peuvent se fragiliser. C’est ce qui se passe naturellement à la ménopause, mais certains traitements du cancer accélèrent ce processus.

    Le cas du cancer du sein, le plus étudié

    Pour le cancer du sein hormono-dépendant, le but du traitement est de priver les cellules cancéreuses des hormones qui les font grandir. C’est très efficace contre le cancer, mais ça a un impact direct sur les os.

    • L’hormonothérapie : Les médicaments comme les inhibiteurs de l’aromatase sont très utilisés. Leur rôle est de bloquer la production d’œstrogènes. Moins d’œstrogènes, c’est moins de protection pour les os. La perte osseuse peut donc être plus rapide. Le tamoxifène est un autre traitement hormonal, mais son effet sur les os est plus complexe.
    • La chimiothérapie : Chez les femmes non ménopausées, la chimiothérapie peut abîmer les ovaires et provoquer une ménopause précoce. Cette chute brutale et anticipée des œstrogènes entraîne une perte de densité minérale osseuse plus rapide que la normale.

    Et pour le cancer de la prostate ?

    Le même principe s’applique aux hommes. Le cancer de la prostate est souvent traité par hormonothérapie pour bloquer la testostérone. Or, cette hormone contribue aussi à la santé des os chez l’homme. La priver peut donc entraîner une fragilité osseuse et augmenter le risque de fracture.

    Il faut noter que dans certains cas, les cellules cancéreuses elles-mêmes (métastases osseuses) peuvent directement affaiblir l’os. Mais le risque lié aux traitements hormonaux est beaucoup plus fréquent.

    Tableau récapitulatif : les principaux facteurs de risque pour vos os

    Pour y voir plus clair, voici un résumé des traitements et de leur impact sur la densité osseuse. Ce tableau vous aide à comprendre pourquoi une surveillance est nécessaire dans certains cas.

    Facteur de Risque / Traitement Mécanisme et Impact sur l’Os Cancers les Plus Concernés
    Inhibiteurs de l’aromatase Bloquent la production d’œstrogènes et accélèrent la perte osseuse. Cancer du sein hormono-dépendant (femmes ménopausées).
    Chimiothérapie Peut induire une ménopause précoce, causant une chute brutale des œstrogènes. Cancer du sein, cancers gynécologiques (femmes non ménopausées).
    Hormonothérapie anti-androgénique Bloque la testostérone, qui protège les os masculins. Cancer de la prostate.
    Corticothérapie prolongée Utilisée dans certains protocoles, elle réduit l’absorption du calcium et fragilise les os. Plusieurs types de cancers (lymphomes, myélomes).

    Dépistage : qui doit faire une densitométrie et quand ?

    Tout le monde n’a pas besoin d’une DMO. Le dépistage est ciblé sur les personnes qui ont un risque accru de perte osseuse. Les recommandations des sociétés savantes, comme l’ASCO (American Society of Clinical Oncology), sont claires.

    Un dépistage systématique par densitométrie osseuse est souvent conseillé pour :

    • Les femmes ménopausées qui commencent un traitement par inhibiteurs de l’aromatase pour un cancer du sein. Une première mesure est faite au début du traitement, puis répétée tous les 1 à 2 ans.
    • Les femmes qui ont eu une ménopause précoce (avant 45 ans) à cause d’une chimiothérapie ou d’une autre intervention.
    • Les hommes qui débutent une hormonothérapie de longue durée pour un cancer de la prostate.

    D’autres facteurs de risque personnels peuvent aussi justifier une DMO. Votre médecin les prendra en compte pour évaluer votre situation.

    Parlez-en à votre oncologue ou votre médecin traitant. Ils sont les mieux placés pour décider si cet examen est pertinent pour vous, en fonction de votre traitement, de votre âge et de vos antécédents.

    5 stratégies clés pour préserver votre capital osseux

    La bonne nouvelle, c’est que la perte osseuse n’est pas une fatalité. Une bonne prise en charge et des habitudes simples peuvent faire une grande différence. Voici les stratégies les plus efficaces pour protéger vos os pendant et après un cancer.

    1. Une alimentation riche en calcium et vitamine D

    Le calcium est le matériau de construction de vos os. La vitamine D est l’ouvrier qui l’aide à se fixer. Les deux sont inséparables pour une bonne santé osseuse.

    • Sources de calcium : produits laitiers (yaourts, fromages), légumes verts (brocolis, choux), légumineuses, amandes et eaux minérales riches en calcium.
    • Sources de vitamine D : L’exposition au soleil est la source principale (15-20 minutes par jour sur le visage et les bras suffisent). On en trouve aussi dans les poissons gras (saumon, sardines) et les œufs.

    Une supplémentation peut être nécessaire, surtout en hiver. Discutez-en avec votre médecin avant de prendre des compléments.

    2. L’activité physique adaptée

    L’activité physique est essentielle. Quand les os subissent de petits impacts, ils se renforcent pour devenir plus résistants. Pas besoin d’être un grand sportif.

    • Exercices en mise en charge : la marche rapide, la course à pied légère, la danse, le tai-chi. Le simple fait de porter votre propre poids stimule vos os.
    • Exercices de renforcement : utiliser des poids légers, des bandes élastiques ou faire des exercices comme les squats aide à renforcer les muscles qui soutiennent le squelette.

    L’important est de choisir une activité qui vous plaît et de la pratiquer régulièrement, au moins 30 minutes, 3 fois par semaine.

    3. Un mode de vie sain

    Certaines habitudes de vie ont un effet direct sur la densité minérale osseuse. Adopter un mode de vie sain est une des premières étapes de la prise en charge.

    • Arrêter le tabac : le tabagisme est un facteur de risque connu pour l’ostéoporose. Il diminue la capacité du corps à absorber le calcium.
    • Modérer l’alcool : une consommation excessive d’alcool peut également nuire à la santé de vos os.

    4. Les traitements médicamenteux

    Si la DMO révèle une perte osseuse importante (ostéoporose), votre médecin pourra vous proposer des médicaments. Ils ne remplacent pas une bonne hygiène de vie, mais la complètent.

    Les plus courants sont les bisphosphonates. Ces médicaments ralentissent l’activité des cellules qui détruisent l’os. Ils existent sous forme de comprimés ou d’injections. D’autres options, comme le dénosumab, peuvent aussi être utilisées. C’est votre équipe médicale qui choisira le traitement le plus adapté à votre cas.

    5. La prévention des chutes

    Avoir des os fragiles augmente le risque de fracture en cas de chute. La prévention des chutes est donc une priorité, surtout si vous avez de l’ostéoporose.

    • Aménagez votre domicile : retirez les tapis glissants, assurez un bon éclairage dans les couloirs et les escaliers, installez des barres d’appui dans la salle de bain.
    • Portez des chaussures adaptées : choisissez des chaussures stables, avec des semelles antidérapantes.
    • Vérifiez votre vue : une bonne vision est essentielle pour éviter les obstacles.

    Évaluez votre risque personnel et trouvez du soutien

    Comprendre son propre niveau de risque est une étape importante. Des outils en ligne peuvent vous donner une première indication, même s’ils ne remplacent jamais une consultation.

    L’International Osteoporosis Foundation (IOF) propose un questionnaire simple et rapide. Vous pouvez le remplir pour avoir une idée générale de vos facteurs de risque. N’hésitez pas à en discuter ensuite avec votre médecin.
    Faire le Test d’évaluation du risque d’ostéoporose de l’IOF

    Il existe également des programmes spécialisés pour accompagner les patientes. Par exemple, le Programme Santé seins et os (PSSO) est une initiative qui aide les femmes atteintes d’un cancer du sein à prendre soin de leur santé osseuse. Cherchez s’il existe des initiatives similaires près de chez vous.

    Le message clé est de ne pas rester seul. Le dialogue avec votre médecin ou votre oncologue est fondamental. Ils sont là pour répondre à vos questions et mettre en place une stratégie de surveillance et de prévention adaptée. N’hésitez jamais à aborder ce sujet.

    FAQ – Questions Fréquentes

    Quand faut-il faire une densitométrie osseuse après un diagnostic de cancer ?

    La décision dépend de votre type de cancer et surtout de votre traitement. En général, si vous commencez un traitement connu pour fragiliser les os (comme les inhibiteurs de l’aromatase pour le cancer du sein), votre médecin prescrira une DMO de référence dès le début. Elle sera ensuite répétée périodiquement pour suivre l’évolution.

    Comment protéger ses os naturellement pendant un traitement contre le cancer ?

    Vous pouvez agir sur plusieurs fronts. Adoptez une alimentation riche en calcium et vitamine D, pratiquez une activité physique régulière comme la marche rapide, et évitez le tabac et l’excès d’alcool. Ce sont des gestes simples mais très efficaces pour aider votre corps à préserver son capital osseux.

    L’ostéoporose est-elle un facteur de risque pour le cancer du sein ?

    Non, le lien ne fonctionne pas dans ce sens. L’ostéoporose ne cause pas le cancer et n’est pas considérée comme un facteur de risque de développer un cancer du sein. C’est l’inverse : certains cancers et surtout leurs traitements hormonaux peuvent être un facteur de risque pour développer une ostéoporose.

    Les compléments de calcium sont-ils recommandés pour tout le monde ?

    Pas automatiquement. Une alimentation équilibrée est souvent suffisante. Une prise excessive de compléments sans avis médical n’est pas recommandée. Il est essentiel de demander l’avis de votre médecin, qui pourra évaluer vos besoins réels, éventuellement via une prise de sang, avant de vous prescrire des suppléments.

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    Julien

    Professionnel de santé

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