Le terme « synéchie » vous inquiète ? Il s’agit d’une adhérence entre deux tissus, le plus souvent dans l’utérus.
Ce guide vous explique clairement ce qu’est la synéchie utérine et comment la traiter.
Qu’est-ce qu’une synéchie ? Définition et principaux types
Une synéchie est une adhérence cicatricielle qui se forme entre deux surfaces normalement séparées. Cela arrive quand ces surfaces sont abîmées et se « collent » ensemble en guérissant.
Le cas le plus fréquent est la synéchie utérine. On parle aussi de syndrome d’Asherman. Dans ce cas, les parois de l’utérus s’accolent, créant des ponts de tissu fibreux. La cavité utérine est alors partiellement ou totalement bouchée.
Une synéchie utérine peut se situer à différents niveaux de l’utérus :
- Intra-cervicale : au niveau du col de l’utérus.
- Isthmique : au niveau de l’isthme, la jonction entre le corps et le col.
- Corporéale : dans le corps utérin principal.
- Cornuale : au niveau des cornes utérines, là où débouchent les trompes.
Il existe aussi d’autres types de synéchies dans le corps, mais ils sont plus rares. On peut citer le rein en fer à cheval (une fusion des reins) ou les synéchies irido-cristaliniennes (dans l’œil).
La synéchie utérine : grades de sévérité et symptômes
La gravité d’une synéchie utérine est classée en plusieurs grades. Cette classification aide à définir le bon traitement.
Classification de la sévérité
- Grade 1 : Il s’agit d’adhésions fines et souples, faciles à séparer.
- Grade 2 : Les adhésions sont toujours fines mais relient différentes parties de la cavité utérine.
- Grade 3 : On trouve de multiples adhésions résistantes et épaisses.
- Grade 4 : C’est le stade le plus sévère, le syndrome d’Asherman. Les parois de l’utérus sont collées par des adhésions étendues et épaisses.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes varient beaucoup d’une femme à l’autre. Parfois, il n’y en a aucun. Mais le plus souvent, on observe des troubles du cycle et des problèmes de fertilité.
Attention : une synéchie peut être totalement asymptomatique et découverte par hasard lors d’un examen pour une autre raison.
Les signes les plus courants sont :
- Des règles modifiées : une absence de règles (aménorrhée) ou des règles très peu abondantes (hypoménorrhée).
- Des douleurs : des douleurs pelviennes pendant les règles (dysménorrhée) ou même en dehors.
- Une infertilité : des difficultés à tomber enceinte car l’implantation de l’embryon est impossible.
- Des fausses couches à répétition : l’embryon ne peut pas se développer correctement.
Quelles sont les causes de la synéchie utérine ?
La cause principale de la synéchie est un traumatisme de la muqueuse utérine, l’endomètre. Quand la couche la plus profonde de cette muqueuse est détruite, les parois peuvent se coller pendant la cicatrisation. Ce traumatisme survient le plus souvent après un geste chirurgical.
Les causes chirurgicales
Les interventions dans la cavité utérine sont la première source de formation de synéchies. Il s’agit notamment de :
- Un curetage ou une aspiration, suite à une fausse couche, une IVG ou un accouchement.
- Une révision utérine pour enlever des restes de placenta après l’accouchement.
- Une hystéroscopie opératoire pour enlever un fibrome, un polype ou une cloison.
- Une myomectomie (retrait d’un fibrome).
Autres causes et facteurs de risque
D’autres situations peuvent aussi abîmer l’endomètre et provoquer des adhérences :
- Une infection de l’utérus (endométrite), parfois liée à un stérilet ou à la tuberculose génitale.
- Une rétention de grossesse arrêtée ou de placenta.
- Une atrophie de l’endomètre à la ménopause.
- Une radiothérapie pelvienne.
Certains facteurs augmentent le risque. Par exemple, un geste chirurgical est plus risqué si l’utérus est ramolli (juste après un accouchement) ou en cas d’infection post-opératoire.
Comment la synéchie est-elle diagnostiquée ?
Un simple examen gynécologique ne suffit pas pour voir une synéchie. Il faut des examens d’imagerie pour visualiser l’intérieur de la cavité utérine.
L’hystéroscopie diagnostique est l’examen de référence (« gold standard »). Le médecin introduit un hystéroscope, une mini-caméra, dans l’utérus. Cela permet de voir directement les adhérences, leur localisation et leur épaisseur.
D’autres examens peuvent aider au diagnostic :
- L’hystérosalpingographie : une radio de l’utérus et des trompes après injection d’un produit de contraste. Elle montre des images anormales, comme des « lacunes ».
- L’échographie pelvienne : elle peut parfois montrer une bride ou une accumulation de sang dans l’utérus (hématomètrie) si les règles sont bloquées.
- L’hystérosonographie : une échographie améliorée par l’injection d’eau saline dans l’utérus pour mieux voir les parois.
Traitement et prévention de la synéchie utérine
Le traitement de la synéchie est principalement chirurgical. Les médicaments sont peu efficaces pour ce problème mécanique.
Le traitement chirurgical : la cure de synéchie
Le traitement consiste à sectionner les adhérences pour libérer les parois de l’utérus. On appelle cette intervention une cure de synéchie ou une adhésiolyse.
Elle se fait par hystéroscopie opératoire. Le chirurgien introduit des instruments très fins (petits ciseaux, pointe laser) via l’hystéroscope pour couper les ponts fibreux. L’intervention est précise et peu invasive.
L’objectif du traitement est simple : restaurer une cavité utérine normale en forme et en volume. Cela permet de retrouver des cycles normaux et de rendre possible l’implantation d’un embryon.
Comment éviter la récidive ?
Le principal risque après l’opération est que les adhérences se reforment. Pour éviter cela, plusieurs stratégies sont mises en place.
Une hystéroscopie de contrôle est souvent recommandée 4 à 6 semaines après l’intervention. Elle permet de vérifier que la cicatrisation se passe bien et qu’aucune nouvelle adhérence n’est apparue.
Pour empêcher les parois de se recoller, le chirurgien peut aussi utiliser :
- Des barrières mécaniques, comme une sonde ou un stérilet temporaire.
- Des gels anti-adhérences (à base d’acide hyaluronique) qui sont appliqués dans la cavité utérine à la fin de l’opération.
Synéchie, fertilité et grossesse : quelles conséquences ?
La synéchie utérine a un impact direct sur la fertilité et le déroulement d’une grossesse. C’est souvent à cause de ces problèmes qu’elle est découverte.
Voici les principales conséquences :
- Infertilité : Une synéchie peut empêcher l’implantation de l’embryon dans la paroi de l’utérus. Elle peut aussi bloquer la migration des spermatozoïdes vers l’ovule.
- Fausses couches à répétition : Même si l’implantation a lieu, le développement de l’embryon peut être stoppé car l’endomètre est de mauvaise qualité ou mal vascularisé.
- Complications pendant la grossesse : Si une grossesse parvient à terme, il existe un risque plus élevé d’anomalies du placenta (placenta praevia, placenta accreta) et d’accouchements prématurés.
Focus sur les autres types de synéchies
Même si la synéchie utérine est la plus connue, le terme s’applique à d’autres parties du corps.
La synéchie rénale, ou « rein en fer à cheval », est une malformation congénitale. Les deux reins fusionnent par leur partie inférieure pendant le développement du fœtus. Le plus souvent, cela n’entraîne aucun symptôme et la fonction rénale est normale.
En ophtalmologie, les synéchies irido-cristaliniennes sont des adhérences inflammatoires. Elles se forment entre l’iris (la partie colorée de l’œil) et le cristallin (la lentille). On les observe notamment dans les cas d’uvéite antérieure, une inflammation de l’œil.
